Un dîner aux relents nauséabonds
Derrière le masque “antisystème”, la vieille alliance entre l’argent et l’extrême droite
Mardi soir, dans un salon feutré du restaurant Drouant, une scène s’est jouée qui mérite toute notre attention. Autour de la table : une quinzaine des plus puissants dirigeants économiques français – de grands groupes comme TotalEnergies, Engie, Renault ou encore LVMH – réunis avec Marine Le Pen, invitée d’un cercle patronal influent. (Source NouvelObs)
Ce dîner n’est pas un simple échange technique. Il est un symbole. Celui d’une banalisation, voire d’un rapprochement, entre une partie des élites économiques et l’extrême droite.
Une vieille histoire que l’on croyait révolue
Ce moment n’est pas inédit dans l’histoire. Dans les années 1930 déjà, une partie des grandes fortunes industrielles européennes avait vu dans les mouvements d’extrême droite un rempart contre les revendications sociales et démocratiques. En Allemagne, une fraction du patronat a soutenu ou toléré la montée du nazisme, pensant pouvoir le contrôler – avant d’en devenir le complice objectif.
Ce précédent historique devrait nous alerter : lorsque les puissances économiques cessent de considérer l’extrême droite comme une menace, c’est rarement par naïveté. C’est parce qu’elles y voient un intérêt.
Une normalisation en cours
Longtemps, des figures comme Bernard Arnault évitaient soigneusement toute proximité avec le Rassemblement national. Le simple fait que ce type de rencontre ait lieu aujourd’hui marque un tournant : l’extrême droite n’est plus traitée comme un acteur marginal, mais comme une force potentiellement gouvernante avec laquelle il devient légitime de discuter.
Dans le même temps, des réseaux d’influence mêlant grandes fortunes, médias et acteurs politiques œuvrent à rapprocher droite classique et extrême droite, dans une stratégie de recomposition idéologique durable.
Il ne s’agit pas encore d’un ralliement massif. Mais il s’agit d’un signal.
Le grand mensonge “antisystème”
Car c’est là toute la contradiction que ce dîner met à nu. Depuis des années, les partis d’extrême droite se présentent comme des forces “antisystème”, défenseurs du peuple contre les élites.
Mais de quel “système” parle-t-on, lorsque l’on dîne avec les plus puissants dirigeants économiques du pays ?
De quelle “rupture” s’agit-il, lorsque l’on cherche à rassurer les marchés et à apparaître “pro-entreprises” ?
La réalité est plus simple : l’extrême droite ne combat pas le système économique dominant. Elle le protège, tout en détournant la colère populaire vers des boucs émissaires – étrangers, minorités, institutions démocratiques.
Diviser pour mieux préserver
C’est là son rôle historique : canaliser la colère sociale non pas contre les inégalités, mais contre des ennemis désignés. Pendant que les citoyens s’opposent entre eux, les structures de pouvoir économique restent intactes.
Ce mécanisme n’a rien de nouveau. Il repose sur une alliance implicite :
• aux élites économiques, la stabilité et la préservation de leurs intérêts ;
• à l’extrême droite, le pouvoir politique fondé sur la peur et la division.
Refuser l’aveuglement
Le danger n’est pas seulement électoral. Il est intellectuel et moral. Il réside dans cette idée insidieuse que l’extrême droite serait devenue “comme les autres”, fréquentable, intégrée au jeu démocratique.
Mais l’histoire nous enseigne que la banalisation précède toujours les basculements.
Ce dîner n’est pas anecdotique. Il est un avertissement.
À nous de ne pas l’ignorer.
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