Venezuela : ni impérialisme ni tutelle.
La souveraineté des peuples est un principe intangible.
nous réprouvons avec la plus extrême vigueur l’intervention des États-Unis au Venezuela, qui constitue à la fois une expression claire d’une politique impérialiste et une violation manifeste des principes fondamentaux du droit international.
Nous attendons des autorités françaises et européennes qu’elles condamnent cet acte avec la plus grande fermeté.
Quelle que soit la nature autoritaire du régime de Nicolás Maduro — que nous ne cautionnons en rien — aucun État ne dispose de la légitimité politique ou juridique pour intervenir unilatéralement dans les affaires internes d’un autre pays souverain.
Cette intervention bafoue directement les principes consacrés par la Charte des Nations unies, notamment l’égalité souveraine des États (article 2 §1), la non-ingérence dans les affaires relevant de la compétence nationale (article 2 §7) et le règlement pacifique des différends. La prétention des États-Unis à diriger, encadrer ou superviser la transition politique du Venezuela constitue une ingérence caractérisée et une mise sous tutelle inacceptable, en totale contradiction avec l’ordre juridique international.
Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, consacré par l’article 1 de la Charte de l’ONU ainsi que par les Pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques et aux droits économiques, sociaux et culturels, ne peut en aucun cas être instrumentalisé pour justifier une domination extérieure. Il ne saurait être exercé sous contrainte, ni confisqué par une puissance étrangère poursuivant ses propres intérêts stratégiques, économiques ou géopolitiques.
Cette méthode d’intervention relève pleinement du néocolonialisme. Sous couvert de défense de la démocratie ou des droits humains, elle substitue la coercition politique, économique et diplomatique à la souveraineté populaire. Elle transforme des peuples entiers en objets de rapports de force internationaux et inscrit l’ingérence dans une logique de domination héritée des pratiques impériales les plus contestables. L’histoire récente démontre que ces interventions n’apportent ni démocratie ni stabilité, mais engendrent chaos, appauvrissement et violences durables.
En outre, la normalisation de telles pratiques constitue un précédent extrêmement dangereux. En légitimant l’ingérence lorsqu’elle est le fait des puissances occidentales, on ouvre la voie à une généralisation de ces méthodes. Rien ne permettrait alors de s’opposer, demain, à ce que la Chine, la Russie ou toute autre puissance invoquent les mêmes arguments pour justifier leurs propres interventions, au mépris des mêmes principes juridiques.
Face à cette situation, le silence persistant de la France est grave et lourd de responsabilités. Membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, la France a le devoir particulier de défendre la Charte de l’ONU et le multilatéralisme. En renonçant à porter une parole claire, indépendante et conforme au droit international, elle affaiblit sa crédibilité diplomatique et se rend complice de l’érosion des normes qu’elle prétend défendre.
L’Union européenne, quant à elle, démontre une nouvelle fois son incapacité à agir comme un acteur politique autonome. Prisonnière de ses divisions internes et de son alignement stratégique sur les États-Unis, elle renonce à toute ambition diplomatique indépendante. Cette indigence politique affaiblit l’ordre multilatéral et contribue à l’instauration d’un monde régi par la loi du plus fort plutôt que par le droit.
Nous réaffirmons avec force que la démocratie ne se décrète pas, ne s’impose pas par la contrainte et ne s’administre pas depuis l’étranger. Elle appartient aux peuples, et à eux seuls.
crédit photo montage © KAMIL KRZACZYNSKI
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